LE MANGA, LE THÉÂTRE D’OMBRES ET LA BELLE-ÉPOQUE – ou comment transformer une fascination en passage à l’action

Le célèbre cabaret du “Chat noir“, installé en 1885 au 12, rue Laval (actuelle rue Victor Massé), à Montmartre, proposa à partir de 1886 des représentations de théâtre d’ombres, animées principalement par le peintre Henri Rivière. Pendant dix ans, une quarantaine de pièces furent présentées. « Dessinateur, peintre, mécanicien, physicien, chimiste, [Henri Rivière] faisait penser à quelque grand artiste de la Renaissance. » (1)

Les silhouettes en zinc créés par Henri Rivière pour le théâtre d’ombres du Chat Noir sont remarquables par leur simplicité de traits et par leur éloquence – ce qui peut paraître paradoxal. En effet, le défi était d’exprimer des attitudes et des émotions avec des ombres qui n’avaient qu’une mobilité limitée.

Le résultat évoque le peintre japonais Hokusaï et ses manga, dans lesquels il a dessiné tous les attitudes, les gestes, les sentiments et les positions humaines et aussi des paysages, des animaux et des plantes, pris sur son cahier de notes sur vif, au jour le jour.

À force d’observation, Rivière a également trouvé la simplification du trait, l’épuration des détails. Il a appliqué au théâtre d’ombres la même synthétisation japoniste de ses gravures sur bois et lithographies et, grâce à ça, il a pu récréer dans le Paris de la fin du XIXe siècle cet art venu de l’Extrême Orient, mais mis au goût du jour avec des personnages en chapeau haut-de-forme, en corset serré ou en uniforme militaire, qui vivaient sur l’écran des situations banales ou extraordinaires.

Ce que tu viens de lire est un extrait (très) abrégé de mon mémoire de Master « Japonisme et Fumisme à la Belle Epoque : De la vie de café au théâtre d’ombres du Chat Noir ». Pendant 3 ans, de 2007 à 2010, j’ai vécu, même si juste intérieurement, dans le Paris de la fin du XIXe siècle, avec son effervescence culturelle, son spleen fin-de-siècle et ses cabarets littéraires et artistiques.

Cette fascination n’est pas restée sur le plan intellectuel et s’est vite traduite en action : à l’époque, j’ai organisé moi-même des soirées littéraires et artistiques avec des écrivains, des chanteurs, des poètes ; j’ai fondé un petit blog inspiré du Journal des Hydropathes (dans lequel j’adoptais plusieurs « voix » selon le personnage qui écrivait) ; et j’ai aussi, bien sûr, créé mon propre théâtre d’ombres – le Théâtre d’Ombres du Chat Blanc – avec des personnages et des paysages découpées dans du carton et un répertoire puisé dans différentes traditions, puis adapté (chansons, fables, contes populaires et quelques histoires originales).

Mes défis étaient similaires à ceux qui a pu affronter Henri Rivière un siècle et demi plus tôt : comment avoir un maximum d’expressivité avec un minimum de ressources ? Comment gérer le rythme de la pièce pour que l’histoire soit compréhensible sans être trop lente ou ennuyeuse ?  Comment manipuler des personnages presque entièrement statiques pour les animer d’une vie unique ?

La musique était une partie fondamentale de la création de ce monde minimaliste. J’ai la chance d’avoir pour frère un accordéoniste et compositeur de génie (3), avec assez de sensibilité pour traduire l’esprit de chaque pièce et de chaque personnage dans ses accords.

Ensemble, et avec la collaboration de nos amis et d’autres membres de la famille, nous avons créé une petite collection de pièces qui ont été présentées à plusieurs occasions. Malheureusement notre dernière présentation a été fin 2011 ; moins de 3 mois après nous avons perdu notre papa et la vie a beaucoup changé.

Aujourd’hui, le Théâtre d’Ombres du Chat Blanc repose au fond de mon placard, en attendant d’être ressuscité.

Nous sommes en pleine période des Fêtes et il est naturel d’être un peu nostalgique ; j’ai donc récupéré l’enregistrement (de très mauvaise qualité, désolée !) de cette dernière présentation et je viens le partager avec le monde.

Cet article commence à être un peu trop long mais je te jure que je vais en faire la liaison avec l’apprentissage, la transpédagogie et la conception pédagogique 😉 Un peu de patience…

Avais-tu déjà regardé des spectacles d’ombres ?

Qu’en penses-tu de ce moyen d’expression ?

  1. Maurice Donnay
  2. Henri Rivière, « Les détours du chemin »
  3. Bráulio Vidile

Le cabinet de curiosités

Un cabinet de curiosités, vous savez ce que c’est ?

Il s’agit d’un endroit, public ou privé, où l’on expose des « choses rares, nouvelles, singulières » (Wikipédia).

J’ai toujours eu une fascination pour les cabinets de curiosité – ce qui n’est pas étonnant pour ceux qui me connaissent un tant soit peu. Dans ces lieux magiques, tout est permis : l’ancien y est mélangé avec le neuf, l’animal avec le minéral, la technique avec la philosophie, le naturel avec l’artificiel.

Et parfois plusieurs de ces choses sont mélangées dans des sortes de chimères, des spécimens qui n’ont jamais existé… mais qui auraient dû !

Et tout ça, non sans une touche d’humour, une certaine ironie qui vient du constat inévitable que nous aussi, on est des curiosités dignes de figurer dans le cabinet de quelqu’un d’autre.

C’est exactement comme ça que je fonctionne : je cherche (et je trouve !) le merveilleux dans le banal, l’apprentissage dans l’observation, la croissance dans la création.

Quoi de mieux donc que de faire de mon portfolio un vrai cabinet de curiosités où l’on peut naviguer à loisir, en y appréciant les surprises, la superposition de différentes compétences, et surtout l’utilisation de ces compétences ensemble pour la création de chimères épatantes qui sont bien plus que la somme de leurs parties ?

Si t’es aussi un curieux des curiosités, ce sera par ici : Mon portfolio (ou l’onglet “portfolio” de ce site)

(et n’oublie pas de venir me dire en commentaire ce que t’en as pensé !)

RECHERCHE ALTERNANCE

Cher lecteur, toussa toussa

Dans le cadre d’une spécialisation en Conception et Intégration de Contenus Formatifs Digitaux proposée par EVOCIME, je cherche un contrat d’alternance de 9 mois (décembre 2023-août 2024) dans la région de Rennes ou en remote.

Je suis propre, vaccinée, véhiculée, ridiculement curieuse et pleine de compétences dans plusieurs domaines différents. Je suis aussi trilingue (portugais, français et anglais), ce qui n’est pas une mauvaise qualité dans un monde globalisé.

Mon CV (que tu peux voir directement ici, ne perdons pas de temps) est une encyclopédie et j’ai dû encore couper plein de trucs pour les faire rentrer dans une seule page, mais si tu veux en savoir plus il suffit de me glisser un message.

Évidémment, si tu ne te sens pas concerné.e, je te demande au moins de republier ce post pour qu’il puisse arriver aux bonnes personnes qui verront en moi la fin d’une recherche diogéenne pour un mouton à 5 pattes. J’ai même plus de pattes que ça à vrai dire.

Merci !

(ceci est un repost de LinkedIn)

C’est parti !!!

On apprend à lire les hiéroglyphes égyptiens ensemble ?

Voici les liens :

Jeu en français

Game in English

Jogo em português

N’oubliez pas les prix à gagner pour ceux qui auront été plus rapides !

Le collectif S’Cape a publié un article fort sympa sur “Pour le ka of Senbi”

Pour ceux qui n’ont pas suivi, je conseille de regarder mon post d’hier 🙂

Bonne chance !

JEU-CONCOURS – LOTS À GAGNER

Pour fêter le lancement de mon escape game pédagogique sur le thème des hiéroglyphes égyptiens, je vous propose un petit jeu-concours avec des “vrais” prix. Et j’ai la joie d’avoir les as du collectif S’Cape à mes côtés dans cette aventure !

Les règles sont très simples : Samedi matin (02/08), à 10h, je publierai le lien du Genially pour ceux qui veulent y jouer (ou DES Geniallys, vu qu’il est en 3 langues !). Il sera publié au même moment sur les réseaux de S’Cape.

La rapidité est de mise : les premiers à résoudre tous les énigmes et terminer le jeu (questionnaire de fin à l’appui) auront droit à des lots.

Le concours prend fin le samedi 09/08 à 23h59. Le jeu restera disponible par la suite, mais sans lots à gagner.

Quels sont les prix, me demanderez-vous ?

Les voici :

* Pour les 3 premiers à finir le jeu, toutes langues confondues, 1 ecobag coton avec l’estampe “Maat fille de Ré” (gravure sur bois faite et imprimée main, signée moi-même)

* Pour les 3 suivants, 1 poster A3 avec l’estampe “Maat fille de Ré” (idem)

* Et pour les 3 suivants encore, 1 carte format 10x22cm avec l’estampe “Maat fille de Ré” (ibidem)

Et ceux qui n’auront pas le temps de s’y mettre immédiatement ne seront pas oubliés : le dimanche 10/08 je ferai un tirage au sort de 3 lots supplémentaires parmi tous ceux qui auront terminé le jeu.

Ça te tente? Alors, inscris-toi sur le formulaire pour recevoir le lien directement sur ta boîte mail – ou alors, fais attention à mes publications ici sur LinkedIn et aux réseaux sociaux de S’Cape !

Le coin des curieux : premier webinaire !

Je suis en train de préparer une série de webinaires sur le thème du digital learning et le premier sera dans deux semaines, sur le thème “Démêler le fouillis: comment trier l’excès d’informations pour en faire un parcours de formation épuré et efficace”.

Réservez dans vos agendas la date du 20/07/2023, à 14h (heure de Paris). Pour s’inscrire: il suffit de cliqur sur l’image. Et partagez ce post dans votre réseau 😉

À très bientôt !

Qui vous connaît ?

“Et vous ? Qui vous connaît ? Qui vous apprécie ?”

C’est la question que pose le directeur des Funambules au petit provincial nouvellement arrivé à Paris et qui, quelques années plus tard, serait reconnu comme l’un des plus grands acteurs de son époque : Frédérick Lemaître.

Ce dialogue de Prévert illustre bien l’angoisse de quelqu’un qui, nouvellement arrivé dans un métier, essaye de faire ses preuves mais a l’impression de ne trouver que des portes fermées.

J’ai beaucoup pensé à cette scène dernièrement (notamment après avoir essuyé quelques lettres de refus par “manque d’expérience” suite à l’envoi de mon CV 🙄 ).

Que faire pour avoir la même confiance de Frédérick de simplement pousser la porte d’un théâtre (“avec sa b* et son couteau”, comme on dit) et d’y voir l’opportunité d’or dans une fausse peau de lion ?

En tant que freelance on se sent souvent seuls, on ne sait pas si on fait les bons choix, on n’a pas assez de visibilité sur le marché et sur le travail des autres collègues – et on a tendance à se comparer négativement.

Heureusement, il existe des initiatives pour contrer cet effet.

En mars, on a eu le Sommet des Freelancers du Digital Learning, organisé par Delphine Froid de la TLD Academy. Pendant cette semaine, il y avait un vrai sentiment de communauté parmi les participants. Nous avons discuté, nous nous sommes entraidés, nous avons échangé autour de différents aspects de notre métier.

Je retiens beaucoup de choses des interventions, bien sûr, mais ce qui reste vraiment, et qui me pousse à continuer sur cette voie, c’est cette bienveillance et cet accueil entre mes collègues. On comprend qu’il ne s’agit pas d’une situation gagnant-perdant (ou, comme diraient les anglophones, “a zero-sum game”) : le soleil brille pour tout le monde et nous pouvons tous y trouver notre place.

Vivement à la prochaine édition – et d’ici là, ne nous perdons pas de vue !

Pour ceux qui ne l’auront pas reconnu, c’est “Les Enfants du Paradis”, de Marcel Carné. Je recommande x10000 si vous pouvez le trouver – Netflix a fait la faveur de rétirer mon film préféré de son catalogue (car on ne peut pas avoir des belles choses), donc la capture d’écran vient d’un vieux fichier en très basse qualité que je garde précieusement.

J’ai 3 questions pour toi !

Trois questions qui vont t’aider à te détendre pendant ta journée de travail 😉

Nous avons reçu un défi de CELINE ARDOIN pendant ma formation en conception e-learning: réaliser une vidéo de moins de 1min30s en une journée et demie, entièrement avec les moyens du bord : càd nos portables, nos collègues et l’environnement du centre de formation. Évidemment, fallait la scénariser aussi…

Voici le résultat pour moi.

Je n’en parle pas trop sur LinkedIn, mais je suis sophrologue RNCP et je viens de boucler ma spécialisation en Psychologie Transpersonnelle. Du coup j’ai eu l’idée de faire une vidéo sur le bien-être en entreprise, instructive mais agile et avec un peu d’humour. Il y en a même un peu de facilitation graphique !

J’aime bien ce type de projet spontané, créatif, dans lequel je peux déployer plusieurs talents à la fois. Si t’as des missions de ce type à me donner (et pas que des vidéos courtes évidemment !), il suffit de me glisser un mot 😉

Alors, quelles sont tes réponses à mes questions ?


* J’ai caché (un peu horriblement) le visage de mes collègues pour protéger leur identité et pouvoir partager cette vidéo dans les réseaux (je ne vais donc pas les tagger, mais je leur suis très reconnaissante !)