“Et vous ? Qui vous connaît ? Qui vous apprécie ?”

C’est la question que pose le directeur des Funambules au petit provincial nouvellement arrivé à Paris et qui, quelques années plus tard, serait reconnu comme l’un des plus grands acteurs de son époque : Frédérick Lemaître.
Ce dialogue de Prévert illustre bien l’angoisse de quelqu’un qui, nouvellement arrivé dans un métier, essaye de faire ses preuves mais a l’impression de ne trouver que des portes fermées.
J’ai beaucoup pensé à cette scène dernièrement (notamment après avoir essuyé quelques lettres de refus par “manque d’expérience” suite à l’envoi de mon CV 🙄 ).
Que faire pour avoir la même confiance de Frédérick de simplement pousser la porte d’un théâtre (“avec sa b* et son couteau”, comme on dit) et d’y voir l’opportunité d’or dans une fausse peau de lion ?
En tant que freelance on se sent souvent seuls, on ne sait pas si on fait les bons choix, on n’a pas assez de visibilité sur le marché et sur le travail des autres collègues – et on a tendance à se comparer négativement.
Heureusement, il existe des initiatives pour contrer cet effet.
En mars, on a eu le Sommet des Freelancers du Digital Learning, organisé par Delphine Froid de la TLD Academy. Pendant cette semaine, il y avait un vrai sentiment de communauté parmi les participants. Nous avons discuté, nous nous sommes entraidés, nous avons échangé autour de différents aspects de notre métier.
Je retiens beaucoup de choses des interventions, bien sûr, mais ce qui reste vraiment, et qui me pousse à continuer sur cette voie, c’est cette bienveillance et cet accueil entre mes collègues. On comprend qu’il ne s’agit pas d’une situation gagnant-perdant (ou, comme diraient les anglophones, “a zero-sum game”) : le soleil brille pour tout le monde et nous pouvons tous y trouver notre place.
Vivement à la prochaine édition – et d’ici là, ne nous perdons pas de vue !
Pour ceux qui ne l’auront pas reconnu, c’est “Les Enfants du Paradis”, de Marcel Carné. Je recommande x10000 si vous pouvez le trouver – Netflix a fait la faveur de rétirer mon film préféré de son catalogue (car on ne peut pas avoir des belles choses), donc la capture d’écran vient d’un vieux fichier en très basse qualité que je garde précieusement.
